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13/6/2009La laryngectomie

Si vous souhaitez des explications sur la laryngectomie, rendez-vous sur la page ORL :

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10/6/2009Pontt

Je viens de me rendre compte que j'avais complètement oublié de vous parler de PONTT. Il s'agit d'un blog qui permet de parler de ses lectures et de partager ses connaissances sur l'Orthophonie et la Neuropsychologie. N'hésitez pas à aller fouiller chaque recoin !

 


 

 
9/6/2009Stage condensé libre : compte-rendu du 2e jour

2e jour 8h30-12h et 13h30-16h30 (décidément, c’est zen)

Ce deuxième jour est plutôt mal parti : j’ai eu du mal à m’endormir, et après seulement 6h30 de sommeil, le réveil est plutôt difficile. Résultat des courses (tiens ! je viens de percuter que dans cette expression, « courses » ne se référait pas au shopping : un petit pas pour l’humanité, un grand pas pour moi !... sic !) : je pars avec un quart d’heure de retard. Tant mieux, je vais pouvoir pousser ma jolie voiture de location sur l’autoroute. J’arrive finalement à 8h25 sur le parking et 5 min plus tard, je suis dans le cabinet. Ouf ! Tout ça pour redescendre les 3 étages pour rejoindre le parking (je vous assure, c’est vraiment pas drôle quand on a une élongation musculaire qui donne un style docteur House) : la première consultation de la journée se fait à domicile.

La première patiente est atteinte d’une aphasie de Broca (pour résumer, elle a une assez bonne compréhension mais des difficultés à s’exprimer : elle fait des « transformations phonétiques » et a des manques du mot). L’orthophoniste lui présente plusieurs listes de mots comprenant chacune un intrus que la patiente doit déceler. Elle doit ensuite donner d’autres exemples de mots qui pourraient entrer dans la liste. Par exemple, dans la liste « voiture, bicyclette, taxi, voyage », l’intrus est « voyage » et on peut ajouter « vélo », ou encore… « tripode » (oui, bon, c’est pas le premier moyen de transport qui me serait venu à l’esprit mais pourquoi pas ?). Cet exercice permet notamment de travailler l’évocation lexicale (la capacité d’accéder à son lexique : dans ce type d’aphasie, le patient connaît les mots mais est incapable de les « faire sortir »), avec, si besoin, des aides de la part de l’orthophoniste (ébauche orale du premier phonème ou de la première syllabe, lecture labiale…). Mon maître de stage lui propose ensuite de lire un texte (il faut savoir que dans l’aphasie, le langage oral n’est pas le seul à être touché : la lecture et l’écriture le sont également) puis de répondre à des questions.

Retour au cabinet. Le patient suivant est un laryngectomisé total : enfin, je vais découvrir la rééducation de la voix oro-œsophagienne (vous savez, la voix « rotée »… faudra que je fasse un article là-dessus, d’ailleurs), parce qu’en théorie, c’est bien joli, mais c’est pas la pratique. L’orthophoniste demande au patient de gonfler les joues puis de comprimer l’air sans ouvrir la bouche (de l’injecter) pour pouvoir faire une éructation. Et voilà trois adultes parfaitement sains d’esprit, et intellectuellement normaux qui font le poisson-lune (l’ortho qui sert de modèle, le patient qui le suit et moi, qui imite dans mon coin). Vous pouvez me croire, c’est galère ! Du moins pour ceux qui, comme moi, n’ont jamais réussi à roter volontairement. J’arrive à peu près à injecter l’air dans l’œsophage mais impossible de le refaire sortir… et voilà que je me retrouve avec des bulles d’air coincées dans l’œsophage : c’est pas confortable mais, comme disait mon prof de voix oeso, « de toute façon, ça sortira forcément par un orifice ou un autre ! ». Oui, c’est glamour, l’ortho.

On passe ensuite à une aphasie de Broca (du moins, il me semble). La patiente est d’origine kabyle et le Français n’est pas sa langue maternelle : ce n’est donc pas toujours évident pour elle (ni pour l’ortho) car elle prononce tantôt des mots français, tantôt des mots kabyles. L’ortho commence par lui demander de répéter des mots plus ou moins compliqués avant de passer à des expressions où intervient la prosodie (la mélodie de la langue) comme « au secours ! » ou « bonjour ». Le but de ce dernier exercice est de faire travailler l’hémisphère mineur (c’est-à-dire celui qui ne gère pas la majeure partie du langage ; il s’agit en général de l’hémisphère droit et, ce, même pour une grande majorité des gauchers, contrairement à une idée reçue). En effet, chez cette patiente, l’hémisphère gauche (celui qui gère le langage) a été sérieusement lésé et il s’agit donc d’essayer de compenser en faisant travailler l’hémisphère droit (responsable, entre autre, de la prosodie).

Autre patient intéressant au cours de cette journée : un monsieur d’une cinquantaine d’années (oui, bon, je suis vraiment pas douée pour deviner l’âge de quelqu’un, mais alors vraiment pas !) avec lequel l’ortho se met à discuter pendant toute la séance, sans lui faire faire le moindre exercice. Il m’a précisé, avant l’arrivée du patient, qu’il ne fallait pas le mettre en situation d’échec et j’ai supposé que ce monsieur était un peu dépressif, ou avait de gros problèmes d’estime de soi. Eh ben non ! C’est l’inverse : c’est limite si la pièce est assez grande pour contenir son égo ! Et voilà que l’ortho discute avec lui des récentes élections, de son  métier, de sa famille… mais euh… il a quoi ce monsieur ? J’ai beau chercher la faille, je ne vois pas : il a un débit normal, un timbre correct, il ne transforme pas les mots, ses phrases sont bien structurées, il n’a pas de problème moteur… j’élimine rapidement l’aphasie, Parkinson ou encore la SEP. Et quand ce patient quitte le cabinet, je n’ai pas le moindre début d’hypothèse sur ce qu’il peut avoir. Eh bien c’est un Alzheimer ! Ah bon ? Mon maître de stage m’explique qu’il a de gros problèmes de mémoire à court terme : par exemple, quand l’ortho lui a demandé ce qu’il a fait ce dimanche, il ne s’est pas souvenu d’en avoir parlé quelques minutes auparavant, en évoquant les élections. Et moi, bien sûr, je n’ai même pas remarqué ! Super douée la stagiaire !

Bon, ben décidément, ya du boulot ! J’ai d’ailleurs noté quelques devoir dans mon agenda, par ordre de priorité :

1)      Trouver un anxiolytique qui me fasse arrêter de sursauter à chaque fois que sonne l’interphone (sérieusement, je ne sais pas qui a créé ces sonneries  mais alors !)

2)      Créer du matériel pour travailler l’évocation lexicale avec l’une des patientes aphasiques… ce qui implique de faire en sorte d’arrêter de flipper parce que l’ortho sera là pour juger mon travail. Oooouh que je le sens pas !!!

3)      Revoir le travail des praxies bucco-faciales puisque je n’ai finalement pas eu à le faire aujourd’hui mais que l’ortho me le garde pour plus tard.

 

Au moins un point positif dans ce début de stage : il semble que mes rires nerveux aient décidé de me foutre la paix ! Ceux qui n’ont jamais eu de rires nerveux ne peuvent pas comprendre ! Non, vraiment, désolée pour la séquence Calimero, mais vous ne pouvez pas savoir à quel point c’est l’horreur. En plus, on tombe dans un véritable cercle vicieux : « aaah mon dieu, j’ai peur ! » => rire nerveux => « ah mon dieu je viens de me ridiculiser avec ce ****** de rire ! » => rire nerveux => aaaaaaargh !!!

Bref, quand ça commence, ça ne s’arrête plus.

Eh bien là, rien, niet, nada ! J’ai même réussi à avoir l’air sérieux, dites donc ! Et pendant deux jours ! Wouhou ! Reste à espérer que ça continue !


 
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8/6/2009Forum

J'ai créé un forum pour le site. L'adresse est http://futurortho.forumactif.net/index.htm. N'hésitez pas à y lancer les sujets de discussion qui vous intéressent !

 


 

 
8/6/2009Stage condensé libre : compte-rendu du 1er jour

Ce stage de 3e année (anticipée) est "condensé" : au lieu de suivre les mêmes patients pendant 10 demi-journées étalées sur une longue période, je viens 10 demi-journées consécutives. A Nancy, il nous est demandé d'éviter de faire ce genre de stages car cela empêche de voir l'évolution des patients. Nous n'avons donc le droit de n'en faire que deux.

Ce stage est dit "libre" car il ne rentre dans aucun cadre prédéfini (surdité, neurologie, divers handicaps, libéral, laryngectomie) : je serai amenée à voir différents types de patients et, ce, dans différents types de structures.

1er jour : 8h30-12h, 13h30-16h (cooooool)

La première partie de la matinée se déroule dans un centre pour adultes handicapés.

J’y rencontre « mon » premier patient IMC, ou plus exactement « ma » première patiente. Surprise : aucune chaise roulante contrairement à tout ce que j’avais pu voir à la télé. La patiente n’a certes pas une démarche « normale » mais elle marche. En revanche, c’est au niveau de l’articulation que ça pêche. Elle a en effet des difficultés avec les praxies bucco-faciales, ce qui fait qu’elle donne l’impression de mâcher un chewing-gum géant à chaque fois qu’elle s’exprime, et n’est pas toujours très intelligible. L’orthophoniste lui pose quelques questions sur sa semaine, et en profite (je suppose) pour vérifier le langage spontané. Il passe ensuite à une liste de mots que la patiente doit répéter pour l’entraîner à être intelligible. Comme cela nécessite des efforts (et que ce n’est pas franchement passionnant), les listes de mots sont entrecoupées de discussions sur le quotidien de la patiente.

Le deuxième patient présente quant à lui une anarthrie suite à un AVP (accident de la voie publique). Le langage est une véritable « bouillie », tout bonnement incompréhensible, sauf pour mon maître de stage qui semble parvenir à décoder (alors que l’exercice me paraît insurmontable, malgré tous mes efforts) ! J’apprendrai plus tard que ce patient a également un syndrome frontal (ce qui se manifeste, entre autres, par des troubles cognitifs, des troubles des fonctions exécutives ou encore –et non des moindres !- une perte de l’inhibition) et qu’il est ingérable sans camisole chimique (ce qui, en revanche, l’assomme complètement et nuit à la prise en charge). Le travail du jour est la lecture d’un texte à voix haute : je découvre que l’articulation est nettement améliorée, et que le patient est beaucoup plus intelligible (même s’il faut souvent lui demander de répéter).

Le troisième patient est IMC : prématuré à 5 mois et demi, les médecins avaient estimé qu’il ne survivrait pas. Et pourtant, comme il le dit lui-même, il est toujours là, et compte bien le rester. La vie ne semble décidément pas avoir été tendre avec lui puisqu’en plus d’être en fauteuil roulant, il est également porteur d’une bactérie contagieuse qui interdit tout contact physique (l’orthophoniste m’a d’ailleurs arrêtée lorsque j’ai voulu lui serrer la main) et l’oblige à rester isolé. La raison de la prise en charge orthophonique semble bien dérisoire à côté de toutes ces difficultés : ce patient présente un sigmatisme, c’est-à-dire un trouble de l’articulation portant sur les « s », « ch », « j » et « z ». Après avoir longuement discuté avec le patient, l’orthophoniste lui demande de lui donner une liste de 10 mots commençant par « ch ». L’exercice n’est pas toujours facile, mais le patient s’en sort relativement bien.

Nous quittons ensuite le centre pour en rejoindre un autre, perdu au fin fond de la campagne. Evidemment, j’ai oublié ma blouse, mais, heureusement, l’institut m’en prête une.

La première patiente est une dame de 84 ans. Mon maître de stage me demande de trouver ce dont elle souffre en observant la séance. Dur, dur ! Au départ, un léger tremblement de la main me fait penser à un Parkinson mais comme il ne persiste pas, je délaisse un peu ma première théorie. Pendant que je cogite, l’orthophoniste propose à sa patiente de travailler les praxies bucco-faciales : positionner la langue à différents endroits, avancer les lèvres comme pour faire un bisou, gonfler les joues ensemble puis simultanément, etc. Je repère qu’une hémiface est moins mobile que l’autre (un problème au niveau du nerf facial ?), et j’ai la vague impression que le bras opposé ne l’est pas franchement non plus : et si l’un des symptômes était une hémiplégie controlatérale ? Impossible de vérifier, la patiente ne bouge jamais le bras. Mais je continue sur ma lancée : l’hémiplégie, ça se retrouve souvent dans l’aphasie de Broca. Voyons voir, les symptômes de l’aphasie de Broca… une compréhension plutôt bonne… ok… un quasi-mutisme initial puis de nombreuses transformations phonétiques… ah bah non ! Une aphasique qui a récupéré, peut-être ? Mouais. Bof.  Bon, la dame est en chaise roulante… pourquoi pas une SEP ? Oui, mais elle est un peu âgée, je ne pense pas que ce genre de patient parvienne à 84 ans… Nous finissons par quitter la patiente et je n’ai toujours pas trouvé. Plus tard, quand mon maître de stage me demandera, je lui dirais que je suppose, sans être vraiment convaincue, qu’il s’agit d’un Parkinson : j’avais eu la vague impression, en serrant la main de la patiente, qu’elle présentait le phénomène de la roue dentée (une rigidité qui tend à fixer les membres dans la position qu’on leur impose)… loopé, mais presque ! Il s’agissait bien d’une SEP… comme quoi, j’aurais dû tenter ma chance !

Le patient suivant a subi une glossectomie partielle qui entraîne une dysphagie (trouble de la déglutition). Il a d’ailleurs eu une pneumopathie quelques jours auparavant du fait d’une fausse route (les aliments vont dans les poumons au lieu de l’estomac… et les poumons… disons qu’ils ne sont pas fans ; et comme certains patients ont perdu le réflexe de toux, ils ne peuvent plus empêcher le passage des aliments… d’ailleurs, ils ne le sentent même pas, et on peut passer à côté d’une pneumopathie potentiellement mortelle si on ne vérifie pas régulièrement leur état). C’est l’occasion pour moi de voir comment un patient s’alimente avec une sonde ainsi que les manœuvres de déglutition pour les aliments que le patient prend normalement. Le patient explique qu’après sa glossectomie, il ressentait une douleur très vive, semblable à des décharges électriques : d’après mon maître de stage, un gros manque de notre formation est justement l’évaluation de la douleur… comment prendre en charge un patient sans tenir compte de la douleur ??

Ensuite, mon maître de stage m’emmène voir des patients en coma végétatif : encore une idée reçue éjectée quand je découvre des patients avec les yeux ouverts (bien qu’un peu perdus dans le vide), et même l’un d’eux qui est capable de parler ! C’est bien loin de l’image que je me faisais des comateux !

Après la pause de midi, et une galère infernale pour retrouver le cabinet (au moins, j’aurais visité le coin !), mon maître de stage m’emmène avec lui pour ses consultations à domicile.

Nous arrivons d’abord chez un monsieur un peu réservé, dont la chambre a été aménagée avec notamment un lit d’hôpital. Là encore, l’orthophoniste me demande de trouver la pathologie tandis qu’il propose au patient de lire un texte puis de raconter l’histoire de mémoire ou en s’aidant d’images. Les grandes difficultés du patient m’orientent vers un Alzheimer… pas du tout ! Il s’agit d’un Parkinson : mon maître de stage m’expliquera plus tard qu’un Parkinson n’implique pas forcément des tremblements.

La patiente suivante est une dame très dynamique mais surtout charmante. L’orthophoniste lui propose de remettre des images en ordre (la cuisson des saucisses au barbecue, la préparation d’une salade et la cuisson des frites… ça ouvre l’appétit). L’étrange façon qu’a la patiente de ranger les images (elle commence à les ordonner de façon horizontale, puis verticale et encore horizontale, et, ce, pour une même série d’images) me fait penser à un Alzheimer. Mais je ne suis pas très à l’aise avec cette conclusion : je me rends compte que la mémoire de la patiente est, somme toute, pas si mal. Très vite, je me demande si elle n’a pas de problème visuel : c’est comme si elle ne voyait pas certaines images. Pourtant, lorsque l’orthophoniste lui demande de décrire l’une d’entre elles, la patiente s’en sort relativement bien et ne semble pas avoir de difficulté à voir certains détails. Oui, mais voilà que lorsque l’orthophoniste désigne une autre image, la patiente semble ne pas la remarquer. Je décèle une héminégligence visuelle : ce trouble neurologique est le fait que le patient, alors que son acuité visuelle est bonne,  ignore l’existence de la moitié de son champ visuel (l’hémiasotognosie est, quant à elle, le fait de ne plus avoir conscience de la moitié de son corps : les hommes, par exemple, ne vont raser que la moitié de leur visage ; à l’hôpital, ces patients vont se  plaindre que quelqu’un est venu dormir dans leur lit alors qu’il s’agissait de leur propre hémicorps !...). D’après mon maître de stage, il faut se positionner du côté négligé par le patient pour le pousser à faire attention à cette partie de son champ visuel et ainsi augmenter les chances de récupération.

Nous rentrons finalement au cabinet.

L’avant-dernier patient de la journée (ou plus exactement de ma journée, car si je quitte à 16h30, mon maître de stage, quant à lui, aura d’autres patients) a subi un curage des ganglions (l’un des traitement du cancer). Il présente une dysphagie et une dysphonie, ce dernier point étant particulièrement mal accepté par le patient, puisqu’il faisait partie d’une chorale…

Le dernier patient est, ce que j’apprendrais plus tard, un aphasique de type Broca qui a très bien récupéré et est donc en fin de prise en charge. L’orthophoniste lui montre des images illustrant des métiers qu’il doit identifier. Il lui présente ensuite des cartes avec des mots dont les lettres ont été mélangées (pas toujours évident !).

Et ma journée se termine sur de très bonnes impressions (excepté celle selon laquelle, décidément, je n’ai vraiment pas fait le tour du métier et je suis loiiiin de pouvoir prendre en charge un patient). Rendez-vous est donc pris demain, à 8h30. L’orthophoniste m’a dit que je devrais faire travailler les praxies bucco-faciales d’un patient… ah… euh… oui… mais… euh… c’est que je l’ai jamais fait moi… et puis euh… j’ai pas vraiment de cours là-dessus, moi… juste des indications trèèès globales… euh… help ?!


 
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